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La députée LR Anne-Laure Blin en immersion chez un maraîcher

La députée LR Anne-Laure Blin en immersion chez un maraîcher

Anne-Laure Blin aura passé une semaine au cœur d’une exploitation maraîchère de Brain-sur-Allonnes. La députée LR y a découvert un savoir-faire et de multiples problématiques liées à la filière.

Elle vient de mettre en pratique une proposition de son prédécesseur et actuel suppléant Jean-Charles Taugourdeau qui souhaitait que les législateurs effectuent une immersion en entreprise dès le début de leur mandat. La députée du Nord Saumurois LR Anne-Laure Blin avait repris cette idée en déposant une proposition de résolution sur le bureau de l’Assemblée nationale. Elle vient de concrétiser sa proposition législative en passant une semaine entière au sein de Loire Vallée Production, une exploitation maraîchère basée à Brain-sur-Allonnes.

La parlementaire n’a pas passé ses journées dans les champs ou sous les serres dans les rangs des saisonniers pour prendre la mesure de leur quotidien. Tout juste s’est-elle essayée à composer quelques bottes de radis, sans que ce soit très concluant​, concède-t-elle.

Elle a en revanche pu échanger avec ces salariés et surtout avec leurs patrons qui ont pu lui exprimer différentes problématiques liées à la filière. Cédric Marchand est de ceux-là. Avec ses associés, il doit se battre pour que l’entreprise qui emploie une centaine d’équivalents temps plein à l’année (jusqu’à 220 salariés au plus fort des récoltes, dont une trentaine de permanents) trouve sa place sur un marché national, voire international.

Une activité aux obstacles multiples

Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (dite AGEC) avec ses contraintes sur le conditionnement des fruits et légumes, loi Climat à laquelle il faudra s’adapter, exonération de cotisations patronales pour les travailleurs occasionnels incertaine mais aussi difficultés rencontrées pour l’implantation de nouvelles serres vis-à-vis de l’intégration paysagère…

Le chef d’entreprise a pu, tout au long de la semaine, évoquer avec Anne-Laure Blin les obstacles rencontrés dans son activité. Cette entreprise est l’illustration de ce qu’on sait faire de bien sûr le territoire, avec des domaines d’interventions multiples​, assure la parlementaire, qui avoue avoir appris beaucoup de choses au fil des jours.

Réactivité de tous les instants

J’ai vu combien il était important pour les producteurs de se regrouper pour être plus fort face aux enseignes de la grande distribution. J’ai mieux compris comment on produit, comment on exporte la marchandise. Il leur faut une réactivité de tous les instants​, indique celle qui prône, plus encore en ces temps incertains, une souveraineté alimentaire​. À ses yeux, il faut accompagner ces entrepreneurs qui investissent sur le territoire et pour l’économie locale. On doit leur faciliter la tâche en tant que législateurs. J’ai conscience de ce rôle fondamental​.

Retour à la terre

Cette expérience aura eu, pour la parlementaire, l’avantage de montrer la déconnexion entre les lieux de prise de décision et les filières de terrain. On se doit de revenir à la terre pour mieux comprendre les choses​. Ce que confirme Cédric Marchand. Il y a une grande méconnaissance de nos métiers, il faut décloisonner tout ça​, explique celui qui, indirectement, a aussi suivi le quotidien de la députée en cette semaine chargée d’actualité nationale liée à la crise sanitaire. Je n’ai pas participé au vote de l’assemblée nationale de jeudi matin​, concède Anne-Laure Blin, qui assume en cela sa position d’élue d’opposition au gouvernement.

Développement de la production bio

Si cette semaine d’immersion n’aura pas forcément d’impact sur l’activité de Loire Vallée Production, la société brainoise entend malgré tout poursuivre sur sa lancée. Avec un chiffre d’affaires oscillant entre 10 et 12 millions d’euros par an, l’exploitation maraîchère développe une production bio qui répond à une demande sociétale. On est à 10 % de nos volumes, avec un objectif de 30 % à l’horizon 2025​, indique Cédric Marchand. On relance des produits qui avaient disparu du paysage saumurois comme les haricots verts récoltés à la main, mais aussi les cornichons en bio : nous ne sommes que deux sociétés en France à en produire​.

Courrier de l’Ouest - 2 avril 2021

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