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TRIBUNE : Quel avenir pour la jeunesse ?

TRIBUNE : Quel avenir pour la jeunesse ?

La crise sanitaire que nous traversons accentue les inégalités et beaucoup d’étudiants se sentent aujourd’hui abandonnés et en situation de détresse psychologique. Quelles perspectives pour la jeunesse ? Anne-Laure Blin, députée LR de la 3e circonscription prend la parole en faveur de la jeunesse.

Depuis plusieurs mois, les difficultés sont de plus en plus importantes pour nos étudiants et leurs familles. Et la crise sanitaire n’a fait que malheureusement les amplifier. Avec la fermeture totale des universités, les étudiants sont durement frappés et sont rentrés dans un engrenage compliqué à vivre humainement et psychologiquement : isolement, cours à distance, perte de jobs et donc de rémunération, restos U fermés, partiels bâclés, diplômes fragilisés démultiplient leurs inquiétudes quant à leur future insertion professionnelle.

Semblant totalement dépassé par la situation, multipliant les cafouillages, les hésitations, les revirements, le Ministère de l’Enseignement Supérieur n’a pas su prendre l’ampleur du mal être créant un sentiment d’abandon de toute la communauté universitaire. Bilan : les établissements, les étudiants et leurs familles doivent se débrouiller seuls sans directive ni moyen à la hauteur.

Une jeunesse pleine d’envie et d’engagement

Fort heureusement, nous avons une jeunesse pleine d’envie et d’engagement. Et cette crise aura permis de démontrer qu’il existe de la solidarité et de l’entraide entre les étudiants. Je pense notamment au rôle fondamental joué par les organisations étudiantes qui, grâce à leurs réseaux, ont organisé des collectes et des distributions de produits de première nécessité, des cours de soutiens, des consultations psychologiques à destination des plus fragiles sur plusieurs campus de notre territoire.

Au-delà de ne pas réellement comprendre ce qu’il se passe dans nos campus, le gouvernement n’a pas su répondre aux réels besoins : des mesurettes, un saupoudrage d’aides bien trop faibles mais surtout des cours et partiels à distance. Il y a quelques jours, j’interpellais le Premier Ministre pour lui faire part de cette réalité car si certains refusent de parler de « génération sacrifiée », il n’en reste pas moins qu’elle est celle du « distanciel » ! Et pourtant jamais une plateforme ne pourra se substituer aux échanges humains et aux travaux en petits groupes ! L’envie, le plaisir d’apprendre, les moments d’échanges avec les enseignants mais aussi les soirées étudiantes ne pourront jamais exister au travers d’un écran ! Tout ce qui finalement motive toute une génération a finalement disparu !

Garantir l’avenir de nos étudiants

Notre rôle de responsable politique doit être de proposer à nos étudiants de nouvelles perspectives pour les soutenir. C’est pourquoi, très concrètement j’ai notamment proposé la création d’un « ticket restaurant étudiant » permettant à tous les étudiants de se restaurer et de faire leurs courses. Sur le modèle du ticket restaurant mis en place dans les entreprises, l’étudiant achèterait le ticket au prix du repas en resto U, actuellement 3,30€, le CROUS paierait la deuxième partie, et il aurait valeur du double dans les commerces, soit 6,60€. Cette mesure aurait le double avantage d’aider nos restaurateurs et de bénéficier à la totalité de la population étudiante, notamment à celle éloignée des restos U.

Mais surtout parce que notre jeunesse est notre avenir, il faut que nous garantissions le niveau de nos formations et de nos diplômes. Nos universités doivent indéniablement plus se rapprocher du monde de l’entreprise et établir encore plus de passerelles. Il faut décloisonner ces deux mondes.

L’avenir va nécessiter que nos jeunes diplômés soient immédiatement opérationnels pour répondre aux besoins de la relance. La seule garantie est que ces opportunités ne nous échappent pas et que les formations soient conformes aux attentes du marché du travail. La France aura besoin de talents pour développer de nouvelles filières, relocaliser nos productions et parvenir à garder sur notre territoire les cerveaux formés dans nos Universités. L’avenir est plein de défis, à nous de redonner un cap à ces générations.

Studyrama - 1er février 2021

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