« Iran, la France ne peut pas se contenter de condamnations verbales » : l’appel de plusieurs députés du groupe Droite républicaine

« Iran, la France ne peut pas se contenter de condamnations verbales » : l'appel de plusieurs députés du groupe Droite républicaine

« Iran, la France ne peut pas se contenter de condamnations verbales » : l’appel de plusieurs députés du groupe Droite républicaine

TRIBUNE COLLECTIVE - Notre pays doit soutenir davantage le réveil de la liberté du peuple iranien, plaident des députés du groupe Droite républicaine à l’Assemblée nationale, dont leur président Laurent Wauquiez. Ils proposent notamment de geler les avoirs des dirigeants du régime.

Si Rome a façonné l’Occident, la Perse a sculpté l’Orient. Deux empires, deux héritages, deux civilisations sans lesquelles le monde moderne serait méconnaissable. À l’heure où les rues de Téhéran résonnent de slogans pour la liberté, il est temps de rappeler que l’âme iranienne persiste à travers les âges, même quand on cherche à l’étouffer dans le sang. Collectivement, nous avons trop souvent laissé tomber, comme des feuilles mortes, les sursauts de liberté de ce peuple. Nous sommes trop souvent passés à côté de ces appels, comme si l’histoire ne nous concernait plus.

Il ne s’agit pas d’une simple révolte, mais du réveil d’une civilisation millénaire, un mouvement que nous devons soutenir. La France, qui porte la liberté au sein de sa devise et dans son essence, ne peut que soutenir un peuple qui y aspire, un peuple qui aspire aux Lumières.

L’Iran n’est pas né en 1979. Son histoire commence bien avant, avec un empire qui a marqué l’humanité : la Perse. Dès le VIe siècle avant notre ère, Cyrus le Grand défend la tolérance religieuse et le respect des droits de l’homme comme principes fondateurs.

Même après la conquête arabe et l’islamisation, l’Iran reste perse, sa langue, le farsi, demeure. La culture, avec des poètes comme Ferdowsi ou Rumi, continue de rayonner. Le zoroastrisme, religion fondatrice, influence le judaïsme, le christianisme et l’islam. Les jardins persans, les miniatures, l’architecture de Persépolis : tout cela traverse les siècles, rappelant que l’Iran est d’abord une civilisation, bien avant d’être un régime.

La révolution islamique marque un tournant. Avec Khomeiny, l’Iran bascule dans une théocratie qui rompt avec son passé moderne et s’isole du monde. Sanctions, tensions, soutien à des groupes armés : le pays devient un paria international. À l’intérieur, la répression s’abat sur les opposants, les femmes, les artistes. La police des mœurs, la censure, les prisons politiques deviennent le visage d’un régime qui étouffe son peuple.

Pourtant, l’Iran n’est pas seulement le régime des mollahs. Depuis 2022, le mouvement "Femme, Vie, Liberté", né après la mort de Mahsa Amini, a montré la vitalité d’une société qui refuse l’oppression.

En 2025 et 2026, les manifestations se multiplient, portées par une jeunesse éduquée, connectée, assoiffée de liberté. Les Iraniens, à l’intérieur comme dans la diaspora, rappellent au monde que leur pays n’est pas réduit à ses dirigeants.

L’Iran est à la croisée des chemins. La crise économique, l’inflation galopante et le chômage écrasent la population, mais c’est avant tout le régime islamiste qui asphyxie la société, et les femmes en sont les premières victimes. Privées de droits fondamentaux, soumises à la répression quotidienne, elles paient le prix fort de l’oppression. Pourtant, elles restent en première ligne des contestations, déterminées, et ne reculeront pas. Leur combat est celui de toute une nation qui refuse l’obscurité

La culture iranienne, malgré la censure, continue de rayonner. Des cinéastes comme Jafar Panahi aux écrivains comme Marjane Satrapi, les artistes iraniens rappellent que leur pays est une terre de création, pas de soumission.

L’Iran n’est pas condamné à l’obscurantisme. L’Iran est une civilisation, pas seulement un régime. Son histoire, sa culture, son peuple, sont bien plus que l’islamisme qui l’étouffe depuis 1979. Les manifestations actuelles le prouvent : les Iraniens veulent retrouver le chemin de la liberté. Le monde doit les entendre et cette fois-ci, nous serons quasiment tous là pour les accompagner dans ce nouveau chapitre de leur histoire. Car l’Iran, comme la Perse avant lui, a encore beaucoup à offrir à l’humanité.

La France pays des lumières et de la liberté doit être aux côtés de ces femmes et ces hommes qui se battent pour la liberté et le réveil de leur culture millénaire.