« Je ne vais pas en rester là » : où sont passés les 650 000 € d’amendes dressées lors d’une rave en Maine-et-Loire ?

« Je ne vais pas en rester là » : où sont passés les 650 000 € d'amendes dressées lors d'une rave en Maine-et-Loire ?

« Je ne vais pas en rester là » : où sont passés les 650 000 € d’amendes dressées lors d’une rave en Maine-et-Loire ?

Au lendemain de la rave party de Parnay (Maine-et-Loire), les autorités avaient annoncé plus de 5 000 infractions dressées pour un montant de 650 000 €. Le député Anne-Laure Blin (LR) s’était saisie du sujet du taux de recouvrement de ces amendes. Presque deux ans plus tard, le gouvernement a apporté une réponse à une question écrite de la députée LR, somme toute pas très claire. D’autant que les chiffres donnés sont bien loin de ceux annoncés en mai 2024.

En janvier 2025, il y a maintenant plus d’un an, la députée LR avait interpellé le ministre de l’Intérieur sur ce point : "D’après les éléments communiqués par la préfecture de Maine-et-Loire, les gendarmes ont ainsi relevé un total de 5 180 infractions, représentant un montant total d’amendes de plus de 650 000 €", expose Anne-Laure Blin dans sa question écrite, visant à connaître le taux de recouvrement de ces amendes et les suites judiciaires données à ce rassemblement illégal ».

Surprise : le 3 février 2026, une réponse a été apportée à sa question. Non pas par le ministère de l’Intérieur, mais par le ministère de l’Action et des comptes publics. Serait-ce un signe de la fin d’un suspense qui dure depuis plus de deux ans maintenant ? Pas si sûr au vu de la réponse.

"Je n’ai pas une entièreté de réponse, car il est dit qu’un certain nombre d’éléments sont encore au ministère de l’Intérieur", explique d’emblée la députée Anne-Laure Blin.

"Au regard des tableaux détaillés, manifestement, il y a un faible taux de recouvrement des contraventions dressées", commente Anne-Laure Blin. "Ça marque le manque d’autorité qu’on peut avoir à l’égard de personnes qui font l’objet de contraventions alors même que c’est une manifestation qui a causé de nombreux préjudices. Les riverains sont en droit d’attendre une réponse ferme de l’État, et ça passe par le recouvrement des contraventions dressées. Nos forces de l’ordre sur le terrain font le boulot, mais derrière ça suit pas : cette autorité n’est pas incarnée au plus haut de l’État."

Un rapide calcul pointe deux autres questionnements : 650 000 € d’amendes annoncées au moment de la rave party. D’après les deux tableaux, à la fin mars 2025, l’État n’aurait pu percevoir que 316 000 €. Chiffre qui tombe à un peu plus de 150 000 € s’il est rapporté au taux de recouvrement et de paiements forfaitaires.

Autre interrogation : 5 180 infractions dressées, toujours selon l’État, au moment de la rave. Le tableau n’en répertorie que 2 579 pour être précis. Le chiffre annoncé en mai 2024 était-il surévalué ? "Ça, je ne peux pas le savoir", répond la députée. Toujours est-il qu’il faut, selon elle, qu’il y ait une vraie réalisation de ce qui est annoncé car ça fait partie de la confiance que l’on peut avoir en l’État.

Elle l’assure, celle qui est aujourd’hui aussi en campagne pour les municipales 2026, ne lâchera pas auprès des ministères : "C’est insatisfaisant comme réponse, je ne vais pas en rester là".