« Certains engins ont 40, voire 50 ans » : cette députée pointe la situation alarmante d’une composante de l’Armée
Députée Les Républicains de Maine-et-Loire, Anne-Laure Blin vient de rendre un rapport sur la situation du Génie, l’une des composantes de l’Armée de terre. Elle estime que celui-ci a été relégué au second plan pendant des décennies. Et que l’évolution de la donne géostratégique impose de corriger rapidement le tir, en termes de moyens humains, matériels et financiers.
Élue en Maine-et-Loire, la députée Les Républicains Anne-Laure Blin a rendu un rapport sur le Génie, l’une des composantes de l’armée de Terre. Elle demande de nouveaux moyens pour cette arme. Il en irait de la capacité du Génie à appuyer les opérations miliaires au sol, notamment en cas de crise en Europe de l’Est.
Vous venez de rendre public votre rapport sur le Génie - qui appuie les opérations au sol par le déminage ou l’installation de moyens de franchir un obstacle. Quelle est votre principale conclusion ?
Anne-Laure Blin, députée LR de Maine-et-Loire. Que le Génie a besoin d’un sursaut capacitaire ! Pendant des années, et même des décennies, cette arme a été reléguée au second plan. On se rend compte, par exemple, que certaines techniques essentielles ne sont plus maîtrisées alors qu’elles l’étaient par le passé. C’est le cas du franchissement d’obstacles comme des cours d’eau. Tant que les terrains d’intervention de l’armée de Terre se situaient principalement en Afrique, ce n’était pas problématique. Mais ils vont se déplacer vers l’Europe de l’Est avec une « coupure humide majeure » de 50 à 100 m de largeur tous les 50 km…. Il devient donc urgent de se les réapproprier. Tout comme il faut maîtriser les nouvelles technologies, comme les drones de reconnaissance.
Vous demandez au Gouvernement d’aiguiller des moyens en faveur du Génie. Sous quelles formes ?
Le Génie fait face à un vieillissement incroyable de son matériel. Certains engins ont 40, voire 50 ans. Et la lourdeur de nos procédures fait que les commandes arrivent avec du retard sur les besoins, ou même qu’elles n’arrivent pas du tout… C’est un problème à régler. Par ailleurs, je demande la création d’un nouveau régiment du Génie, soit environ un millier de militaires, par l’allocation de moyens à Angers (Maine-et-Loire), Besançon (Doubs). À mon sens, l’État doit réinvestir prioritairement dans les domaines régaliens, quitte à en réduire la voilure sur d’autres secteurs.
Votre attention se porte aussi sur l’école du Génie, installée à Angers…
Il faut sanctuariser et développer ses moyens. Si l’on veut transmettre les savoir-faire, et monter en puissance sur les nouvelles technologies qui devront être maîtrisées à l’avenir, il faut donner les moyens nécessaires à l’école du Génie.









