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Bientôt un ticket restaurant pour les étudiants ?

Bientôt un ticket restaurant pour les étudiants ?

Le ticket restaurant étudiant permettrait de donner un coup de pouce aux étudiants des petites villes, qui ne disposent pas de restaurants universitaires. Une députée ligérienne se bat pour obtenir sa mise en place, mais la majorité lui préfère un accès à des cantines.

Ce serait une petite révolution dans le monde étudiant… Si aujourd’hui, les tickets restaurants sont uniquement accessibles aux salariés, la députée LR de la 3è circonscription du Maine-et-Loire, Anne-Laure Blin, veut les proposer aux étudiants, du moins à certains d’entre eux. Même principe qu’un repas au restaurant universitaire : Sur 6,60 euros de repas, la moitié, soit 3,30 seraient financés par l’Etat

Voté par le Sénat en première lecture le 10 juin dernier, le projet doit être débattu ce jeudi 7 octobre devant l’Assemblée Nationale. Anne-Laure Blin va pourtant devoir se battre pour que son ticket restaurant voit le jour. La majorité a en effet réécrit le texte de loi, prévoyant non plus un ticket à utiliser en restaurant ou en commerce mais la possibilité d’aller dans des cantines conventionnées.

"Moi ma proposition, elle est très concrète, notamment pour des étudiants qui ne bénéficient pas de restaurants universitaires ou de cafétérias universitaires gérés par les CROUS. C’est-à-dire que lorsque vous êtes étudiant sur un grand campus, vous pouvez y avoir accès, ce qui n’est pas le cas des étudiants qui sont un peu plus éloignés des centres-villes, qui sont des villes moyennes et qui du coup, sont obligés de payer entièrement et eux-mêmes leurs repas, alors même qu’ils ont ce statut étudiant."

La proposition, retoquée il y a quelques jours

Redon, Pontivy, Carhaix, Loudéac… Les étudiants y sont nombreux mais ils n’ont pas accès au restau U et à ses avantages ; La mise en place de tickets-restaurant permettrait de compenser cette absence. Pourtant, la proposition de loi a reçu un avis mitigé de la part de la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal. D’autres voix s’opposent au dispositif et à son coût, considéré comme une menace aux aides accordées aux CROUS et leurs restaurants universitaires. Un argument balayé par la député qui va devoir se battre pour faire passer sa proposition. Le projet a en effet été modifé par la majorité qui veut favoriser un système de conventionnement avec des cantines existantes.

"Ca pourrait coûter ce qui n’est pas aujourd’hui possible avec l’utilisation des restaurants universitaires. D’après ce que nous a transmis le ministère, il y a, à peu près, 500.000 étudiants qui ne peuvent pas se rendre dans une cafeteria ou un restaurant universitaire. Donc après vous multipliez, 500.000 par 3,30 euros. Aujourd’hui, on parle de réduire et de corriger cette injustice qui existe entre 2 étudiants en fonction de leurs lieux géographiques. Vous êtes étudiant à Rennes, à Nantes, à Angers… Vous des restaurants universitaires. Vous êtes à Saumur, vous n’en avez pas."

Le projet débattu le 7 octobre

La crise sanitaire a probablement intensifié cette différence. Si les CROUS ont rapidement proposé des repas à 1 euros pour les étudiants les plus précaires, ils n’étaient encore une fois accessibles que dans les grandes villes. Si la proposition de loi est adoptée par l’assemblée le 7 octobre, les modalités d’applications devraient être précisées par décret. Puis les 1ers tickets restaurants pourraient être rapidement distribués. Contrairement au projet porté par la majorité, selon la députée qui dénonce le manque de visibilité de ce dispositif dont les modalités n’ont pas été précisées.

"Techniquement, on a les moyens, on a les fichiers, on a les moyens techniques, c’est faisable très rapidement. Raisonnable, d’ici la fin de l’année, et certaines entreprises que j’ai auditionnées m’ont dit qu’elles avaient mis en place des dispositifs analogues en 72 heures. Donc vous voyez, très raisonnablement, d’ici à la fin de l’année, on pourrait clairement mettre en place ce dispositif."

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