0 %
Baugé-en-Anjou. Chasseurs et randonneurs présentent ensemble l'inventaire des sentiers de Cheviré

Baugé-en-Anjou. Chasseurs et randonneurs présentent ensemble l’inventaire des sentiers de Cheviré

Le recensement des chemins ruraux de Cheviré-le-Rouge s’inscrit dans une démarche nationale. Le rapport prévoit aussi des recommandations sur la gestion et l’aménagement de ces sentiers.

Il n’aura fallu que neuf mois aux bénévoles de Cheviré-le-Rouge pour arpenter et classer les 48 chemins ruraux de leur commune qui s’étendent sur plus de 140 kilomètres. À partir de septembre 2020, ces riverains volontaires ont réalisé les relevés nécessaires à l’inventaire des sentiers, dont la version finale a été présentée jeudi 3 juin en présence de la députée Anne-Laure Blin et de la présidente de région Christelle Morançais.

Cette action s’inscrit dans un processus national : Ekosentia est une initiative lancée en 2018 par la Fédération nationale des chasseurs, en concertation avec l’Office français de la biodiversité et les fédérations nationales de randonnée équestre, de cyclotourisme et de randonnée pédestre. Le but est de mener ces inventaires commune par commune afin d’avoir une vision claire de l’état des sentiers de France, de les gérer plus durablement et de les valoriser. C’est la conseillère municipale Nadine Chapeau, membre de la Fédération départementale de chasse, qui a eu l’idée de lancer l’expérience à Cheviré.

Des recommandations sur la gestion et l’aménagement

La dizaine de bénévoles formés pour le recensement devait remplir une grille d’évaluation pour chaque chemin : état des talus, fossés, haies, bandes de roulement et enherbées. Ensuite, les spécialistes d’EDEN, une association de sauvegarde de l’environnement basée à Beaucouzé, ont analysé ces grilles et donné une « note écologique » à chaque chemin selon un système de notation national. À Cheviré, il y a beaucoup de zones forestières ou de haies, l’état des sentiers est plutôt bon ​explique Adrien Rousseau, technicien pour EDEN. Partant de cette analyse, des recommandations ont été faites à la mairie pour améliorer ce capital. Elles concernent la gestion (fauche, taille de haies) et l’aménagement (réouverture d’anciens chemins disparus, plantation de haies ou regarnissage).

Ça va aussi nous permettre de situer et vendre les chemins disparus inutiles et de réhabiliter ceux qui en ont besoin ​explique Patrick Mary, le maire délégué de Cheviré-le-Rouge. Dans la commune, qui compte déjà deux circuits de randonnée, l’inventaire a mis en valeur deux chemins abandonnés qui mériteraient d’être rouverts. L’un d’eux relie le bourg à Baugé mais est envahi de broussailles. Il occupe déjà le temps libre des bénévoles. L’entretien est trop lourd pour être géré par la commune », ​confie Patrick Mary. Sont évoquées des associations de réinsertion sociale, l’association de randonnée du village ou même la fédération de chasse pour assurer cette tâche.

Un projet réconciliant les différents usagers

Le président de la fédération régionale des chasseurs, Philippe Justeau, se félicite de l’ambiance dans laquelle s’est déroulé le projet : Il n’y a pas eu d’accroc, ni avec les agriculteurs ni avec les chasseurs​. Il ajoute que c’est un projet dans lequel tous peuvent trouver leur intérêt, agriculteurs, chasseurs comme randonneurs. Michel Bondu, un habitant engagé dans le recensement, y voit aussi un moyen de faire découvrir leur région aux riverains. Personnellement, j’ai été surpris de découvrir beaucoup de sentiers qui m’étaient inconnus »,​reconnaît-il. Pour les curieux, les conclusions de ce travail et la cartographie qui en résulte seront bientôt présentés lors d’une réunion communale, ils seront aussi rendus disponibles en mairie.

Le concept intéresse d’autres communes

Cet inventaire est seulement le troisième à avoir été complété depuis le lancement d’Ekosentia en Pays de la Loire, mais il intéresse déjà d’autres communes. À la présentation de jeudi, plusieurs autres maires de communes déléguées étaient présents et demandeurs d’informations. Les communes de Segré et Saint-Martin-du-Bois ont, elles, déjà enclenché le processus.

Courrier de l’Ouest - 6 juin 2021

Lire l’article

Partager cet article