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Ticket resto étudiant : La majorité ne souhaitant pas se désavouer, vote une usine à gaz !

Ticket resto étudiant : La majorité ne souhaitant pas se désavouer, vote une usine à gaz !

Mardi soir, à 22h30, la majorité a choisi ! A un dispositif immédiatement opérationnel, la majorité a préféré l’usine à gaz !

Les diagnostics sont bien partagés [1] et les constats sont identiques : il existe bel et bien des zones blanches et une réelle rupture d’égalité entre les étudiants en fonction des territoires.

En vérité, les promesses de « co-construction » invoquée par le candidat Macron en 2017 sont – force est de le constater une nouvelle fois – que de la poudre aux yeux.. Lorsque la majorité l’invoque, c’est toujours à sens unique !

Alors que la proposition de loi, adoptée par le Sénat, aurait pu – adoptée dans les mêmes termes – être applicable immédiatement, la majorité a préféré lui substituer un dispositif fumeux sans contours, ni précisions. Dans un seul et unique objectif : éviter l’adoption conforme et reporter aux calendes grecques l’adoption du texte et donc la résolution concrète des difficultés identifiées par tous les acteurs de la vie universitaire et tous les parlementaires (tous bords confondus).

  • La ministre argue que les conventionnements seraient la seule solution pour permettre l’application du tarif social étudiant dans les zones non dotées de CROUS. Or, dans la liste des 183 établissements actuellement conventionnés, transmise à peine quelques heures avant l’examen en commission, il ressort que 6 académies ne sont absolument pas dotées de partenariat avec les CROUS. Pis, pour nombre de sites, les localisations très éloignées des sites universitaires sont totalement inopérantes ! Quel étudiant voudrait faire 1h30 de trajet pour aller déjeuner dans un hôpital ?
  • De manière tout à fait juridique également, nul besoin de passer par la loi car les conventionnements mis en place n’ont pas besoin de dispositif législatif (puisqu’ils existent déjà en application de l’article R822-9 du code de l’éducation)

La commission d’hier soir me laisse un goût amer. La majorité a fait le choix de l’idéologie et du sectarisme plutôt que d’adopter un texte concret qui aurait pu aider beaucoup d’étudiants aujourd’hui totalement abandonnés par le système universitaire. Au lendemain de cet examen, je suis triste de constater une fois de plus que la majorité ne sait pas dépasser les clivages alors même que nous nous rejoignons sur le diagnostic. Je pensais que nous serions tous d’accord pour apporter notre pierre à l’édifice et améliorer le quotidien de ces jeunes Français, manifestement nous n’avons pas tous la même conception de notre mandat de député.

[1Audition de la ministre devant la commission des affaires culturelles et de l’éducation le 28/09/2021 ; examen en commission de la proposition de loi n° 4422 le 28/09/2021

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