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Renforcement de l'IVG. Mon communiqué de presse

Renforcement de l’IVG. Mon communiqué de presse

Après avoir été rejeté par le Sénat, le groupe socialiste avait mis à l’ordre du jour un texte relatif à l’avortement, qui a ensuite été retiré, parmi une dizaine d’autres sujets dans le cadre de sa journée de niche parlementaire.

Prise à partie à titre personnel par plusieurs collègues issus des rangs de la majorité (et apparentés) et à la lumière des arguments soulevés, deux éléments fondamentaux méritent d’être apportés tant sur la forme que sur le fond.

En choisissant d’examiner une dizaine de textes, le groupe socialiste savait pertinemment qu’il ne parviendrait pas à tout examiner. En plaçant un sujet sensible dès le début de la journée, le groupe socialiste avait également bien conscience que les débats allaient appeler des échanges de points de vue sur le fond occupant une bonne partie de la journée.

Sauf à méconnaître le fonctionnement du parlement, les socialistes accusent la droite d’obstruction alors qu’ils ont eux-mêmes provoqué ce cafouillage parlementaire. La vérité est que le groupe ne voulait pas débattre au fond mais passer en force et éviter toute discussion parlementaire.

Sur le fond, la proposition de loi souhaite lutter contre la persistance d’avortements tardifs, c’est-à-dire au-delà de dix semaines de grossesse. Selon la DREES, ces IVG tardives n’ont représenté que 5 % des IVG pratiquées en France en 2017.
En outre, ce texte souhaite également allonger les délais légaux de 12 à 14 semaines, mais aussi et surtout la suppression de la « double clause de conscience » spécifique à l’IVG ce qui signifierait la suppression du délai de réflexion entre l’entretien psycho-social et le recueil du consentement.

Avec plusieurs collègues, nous avons souhaité nous mobiliser sur ce texte d’importance en usant de la prérogative tout à fait usuelle du droit d’amendement dévolue à chaque député.
Car il nous apparaît que ce texte, au-delà de ne pas vouloir concilier et reconnaître le droit à l’avortement et le droit de la vie à naître, souhaite surtout adopter des positions idéologiques en refusant de reconnaître, et de comprendre, que l’avortement peut avoir un impact sur la santé des femmes – tant psychologiquement, moralement que physiquement mais également sur les personnels de santé appelé à effectuer des actes chirurgicaux plus lourds.
Nos amendements sont appuyés sur la décision sur l’avis du Comité d’éthique de l’Académie de médecine qui estime « que la proposition d’allongement du délai ne sera pas efficace pour renforcer le droit à l’avortement, remédier aux racines des difficultés qui persistent et, ne donnant clairement pas la priorité à la prévention, risque de consacrer une fuite en avant vers des délais toujours plus retardés qui ne peuvent être sans conséquences physiques et psychologiques intimes. » et qui s’est aussi prononcé en faveur du maintien de la clause de conscience spécifique.

En tant que femme politique engagée, il ne me semble nul besoin de devoir répondre aux invectives et caricatures personnelles. La conciliation du respect mutuel et du droit à l’échange d’avis divergents sont, en ce qui me concerne, des valeurs profondes qui conduisent mon action politique.

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