MERCOSUR. Un courrier adressé au Premier Ministre
Avec mon groupe "la Droite Républicaine", nous avons adressé un courrier au Premier Ministre pour l’alerter sur les revirements contraires aux intérêts de la France concernant l’adoption du traité de libre-échange entre l’Union européenne et les quatre pays du Mercosur.
La signature officielle de ce traité pourrait avoir lieu le 19 décembre, si les vingt-sept États membres donnaient leur accord.
Pourtant, les parlementaires Français, notamment les députés de la Droite Républicaine, ont exprimé une opposition constante et très largement majoritaire à cet accord.
Le 26 novembre 2024, à une large majorité, nous avons une position claire de rejet de ce texte par la France, lequel mettrait gravement en péril nos intérêts agricoles et, à terme, notre souveraineté alimentaire.
En février dernier, lors du Salon de l’agriculture, le Président de la République qualifiait encore l’accord de « mauvais texte », affirmant vouloir rassembler une coalition de pays pour le bloquer.
Cependant, les propos tenus ces derniers jours semblent indiquer un changement de position incompréhensible qu’il nous semble urgent de clarifier.
Le Président a en effet annoncé « attendre la finalisation » de certaines « mesures de sauvegarde », qui iraient « dans le bon sens pour protéger les secteurs exposés et les consommateurs européens ».
Les agriculteurs s’inquiètent à juste titre de cette position qui résonne comme un signal d’ouverture à l’accord, alors que les ajustements évoqués sont largement insuffisants.
Le texte n’a en effet subi aucune modification majeure depuis décembre 2024, et ces clauses de sauvegarde « temporairement applicables » n’éliminent absolument pas les risques économiques et environnementaux.
Les conditions de production des agriculteurs sud-américains, loin de nos standards sanitaires, et l’asymétrie de concurrence qu’entraîneraient les importations issues des pays du Mercosur, appellent en effet à un rejet total de ce texte.
Nos agriculteurs doivent être soutenus face aux nombreuses difficultés qu’ils rencontrent - notamment face aux épizooties qui frappent les élevages (fièvre catarrhale ovine, dermatose nodulaire contagieuse, etc.) - plutôt que de se voir imposer cette concurrence déloyale.
Enfin, la mise en place d’un soi-disant « mécanisme de rééquilibrage », qui contraindra l’Union européenne à verser des compensations financières aux pays du Mercosur si elle venait à réduire les exportations sud-américaines – y compris lorsque celles-ci ne respecteraient pas nos règles sanitaires et mettraient en danger la santé de nos concitoyens -, est tout simplement aberrante et inacceptable.
C’est un abandon de souveraineté et un mépris absolu pour le travail de nos agriculteurs qui respectent des conditions de production parmi les plus rigoureuses au monde. Il faut réagir.








