Actualisation de la loi de programmation militaire : une surmarche indispensable
Durant 3 jours et depuis ce matin, nous examinons le projet l’actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030.
Un texte fondamental contenant une surmarche nécessaire. Nécessaire car dans une perspective de haute intensité, notre Patrie doit être à la hauteur des enjeux.
Surtout derrière les principes et les perspectives, il y a surtout des humaines à prendre en compte et des besoins opérationnels.
Au début de ma prise de parole, j’ai tenu à rendre un hommage appuyé au sergent-chef Florian Montorio, tombé samedi dernier au cours d’une embuscade au Liban. Soutien indéfectible à sa famille, ses frères d’armes blessés et à l’ensemble des sapeurs.
En 2023, nous affirmions déjà que l’enveloppe de 400 Mds€ était insuffisante face aux tensions internationales.
Trois ans plus tard, le gouvernement nous donne raison en portant le budget à 436 Mds€. C’est une avancée réelle que nous saluons. Mais augmenter les crédits ne suffit pas si l’ambition reste "au milieu du gué" face à des ruptures capacitaires criantes qu’il nous faut combler comme je l’ai rappelé ce matin.
• en matière de franchissement (SYFRALL) : Se contenter d’une cible de 300 mètres en 2030 manque d’ambition. Il faudrait que nous portions cet objectif à 1 000 mètres.
• Le déploiement de l’’Engin du Génie de Combat (EGC) est reporté à 2036, c’est inacceptable. Nous devons revenir à la cible initiale de 170 engins d’ici 2035 pour garantir la manœuvre interarmes.
• Le minage de zone est une capacité de dissuasion clé. L’actualisation est muette sur ce point : nous devons acquérir une dizaine de systèmes disperseurs de mines antichars et recompléter nos stocks d’urgence.
• en matière de défense NRBC, c’est plutôt positif car au remplacement enfin acté de nos vieux VAB et VLRA par des systèmes modernes pour protéger nos soldats face aux menaces nucléaires et chimiques.
La défense de notre territoire national est nécessairement une priorité.
Le sort de notre intégrité nationale repose sur nos décisions et aussi sur nos choix. Et singulièrement budgétaires. Dégager des marges de manœuvre financière, réduire le poids de la dette, c’est ce qui permettra de dégager des moyens pour nos armées et nos soldats. Tout se tient.
