Budget de la défense – des crédits en hausse même si des insuffisances capacitaires subsistent pour le Génie

Budget de la défense – des crédits en hausse même si des insuffisances capacitaires subsistent pour le Génie

La Commission de la Défense nationale et des forces armées a achevé hier soir l’examen du projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030.

Commissaire à la défense et oratrice sur cette loi, j’ai voté en faveur du texte car la sur-marche budgétaire de 36 milliards d’euros était indispensable. En effet, le budget est désormais porté à 436 milliards d’euros à l’horizon 2030 contre 400 milliards initialement prévus. Une revalorisation des crédits bien nécessaire tant les besoins pour nos armées sont clairement identifiés. »

Dès 2023, les députés du groupe de La Droite Républicaine avaient plaidé en faveur d’un tel niveau d’engagement. Cette trajectoire est donc tout à fait raisonnable mais elle ne saurait occulter pour autant les fragilités persistantes en matière de capacités, en particulier dans le domaine du Génie. Nommée rapporteur d’une mission sur l’arme, elle a en effet identifié de nécessaires efforts à fournir pour réajuster les objectifs capacitaires.

Dans le texte d’actualisation, les domaines du déminage et de la défense NRBC sont renforcés. Mais les ambitions demeurent insuffisantes pour le Génie, composante essentielle de la mobilité en zone de combats. Comme par exemple, en matière de franchissement, de bréchage, d’acquisition de systèmes disperseurs de mines antichars ou encore de reconstitution des stocks de mines.

Le texte s’inscrit dans une logique d’adaptation aux conflits récents en réorientant les moyens vers des capacités longtemps négligées. Il prévoit une augmentation massive des stocks de munitions ainsi que des cadences de production et de livraison, afin de répondre à des besoins opérationnels accrus. Parallèlement, l’effort porté sur les drones se traduit par une accélération de l’équipement, notamment avec le développement du drone accompagnateur du Rafale issu du programme Neuron.

Le renforcement de la défense sol-air constitue également un axe prioritaire, avec l’objectif de mieux protéger à la fois le territoire national et les forces déployées en opération.

A l’évidence, la situation des finances publiques limite notre capacité à engager pleinement de nouveaux investissements de défense nécessaires. Cette réalité impose des choix clairs et une exigence accrue d’efficacité dans la dépense publique.

Il est indispensable de poursuivre des efforts d’économies afin de garantir, dans la durée, la soutenabilité de notre modèle de défense, j’ai à ce sujet défendu et fait adopter un amendement visant à simplifier et rendre plus opérationnels les mécanismes de décision.


Articles liés